
Dans mon article précédent, je vous expliquais l’étape qui part de la fin du récit jusqu’à l’impression de votre livre (Lire : Où s’arrête mon travail de biographe ?). Ça y est vous tenez désormais votre ouvrage entre vos mains et vous pouvez en être fier. Et maintenant germe en vous une idée que vous aviez peut-être en tête depuis longtemps : et si je partageais mon histoire avec un public plus large en la publiant ?
Afin de vous aider à prendre une décision éclairée, je vous propose d’aborder les éléments essentiels à connaître en matière de droits d’auteur, puis les différentes voies de publication : édition traditionnelle et auto-édition.
Le droit d’auteur correspond à l’ensemble des droits juridiques dont dispose un auteur pour protéger son œuvre originale. « L’auteur jouit du droit au respect de son nom, de sa qualité et de son œuvre. Ce droit est attaché à sa personne. Il est perpétuel, inaliénable et imprescriptible. Il est transmissible à cause de mort aux héritiers de l’auteur ». (source : code de la propriété intellectuelle, Titre II – Article L121-1).
En France, une œuvre de l’esprit est protégée dès sa création, sans aucune formalité. La protection du Code de la propriété intellectuelle s’applique donc automatiquement de deux manières :
Mais comment s’appliquent ces droits en matière de biographie ?
Dans le cadre d’une biographie, la question de l’auteur est plus complexe qu’il n’y paraît. Lorsque le biographe intervient de manière significative dans la rédaction, la structuration et la mise en forme du récit, il peut être considéré juridiquement comme coauteur de l’ouvrage.
Cela implique que certaines décisions importantes comme la modification, la diffusion ou la publication doivent être prises conjointement. De même, la répartition des éventuels revenus issus de l’exploitation du livre doit être définie contractuellement.
Vous ne connaissiez pas ces règles applicables à tous les biographes et cela vous dérange ? Aucun problème. J’aborderai en toute transparence cette question dès notre premier échange. Si votre ambition est d’éditer votre récit, nous évoquerons ensemble la possibilité de cosigner un contrat de cession des droits d’auteur.
Vous avez totalement le droit de vouloir que mon nom n’apparaisse pas et que je reste votre biographe de l’ombre. Mais pour cela, nous devrons cosigner un accord dans lequel je céderai mes droits patrimoniaux d’exploitation.
Ce contrat de cession de droits d’auteur précisera les droits patrimoniaux cédés et leur étendue : modes d’exploitation, durée, territoire…
Il fixera également le montant du dédommagement payable à la signature de l’accord. Ce montant forfaitaire, discuté ensemble, tiendra compte du sujet du livre, de votre notoriété éventuelle et des ventes envisagées. Le transfert de propriété intellectuelle est généralement compris entre quelques centaines et plus de mille euros selon la nature du projet.
Pour résumer :
Une fois ces règles posées, il est temps d’analyser toutes les voies qui s’offrent à vous en matière d’édition et d’auto-édition.
Comme expliqué plus haut, il n’est pas nécessaire de prendre des mesures particulières pour être considéré comme auteur d’une œuvre. Cependant, il est fortement recommandé de sécuriser un manuscrit avant sa diffusion et son envoi à des tiers.
C’est pourquoi, pour prévenir d’éventuels litiges, vous pouvez déposer votre récit auprès de la Société des Gens de Lettres (SGDL). Ce dépôt protège et préserve le contenu de votre oeuvre. Il constitue surtout une preuve d’antériorité en cas d’utilisation illégale ou de plagiat.
Pour cela et en toute simplicité, vous pouvez utiliser la plateforme HUGO. Celle-ci vous permet d’effectuer un dépôt numérique (payant) de votre récit. À noter que la SGDL a créé un nouveau service qui permet à tous les auteurs d’ouvrages d’exercer leur droit d’opposition à l’utilisation de leurs œuvres dans le cadre d’opérations de fouille de textes et de données, notamment par l’intelligence artificielle.
De même, à partir du moment où vous décidez de diffuser ou de vendre votre récit, vous êtes dans l’obligation d’y accoler un numéro ISBN (International Standard Book Number). Ce numéro unique permet d’identifier votre livre dans le commerce mondial. En France, les ISBN sont attribués (sous un délai standard de trois semaines) par l’AFNIL (Agence Francophone pour la Numérotation Internationale du Livre) pour un coût individuel d’environ 44 € TTC (avril 2026). Attention : certaines plateformes (comme Amazon KDP) fournissent un ISBN gratuit, mais ce numéro est associé à la plateforme et ne vous appartient pas.
Ensuite, dès qu’un livre est publié avec un ISBN et mis à disposition d’un public allant au-delà du cercle familial, le dépôt légal en France est obligatoire. Il faut distinguer deux obligations distinctes que l’on confond souvent :
Dernière précaution concernant le contenu de votre récit en matière de photos ou documents :
Elle est incarnée par de grandes maisons d’édition connues : Gallimard, Grasset, Stock…
Votre manuscrit est prêt, vous leur transmettez et un comité de lecture va l’étudier pour éventuellement le sélectionner.
Il faut être réaliste : se faire publier reste très rare et dans des délais très longs avant d’obtenir une réponse. Et dans le cadre de biographies familiales, ce ne sera envisageable que si un véritable potentiel commercial large est perçu.
Mais si vous avez la chance que votre ouvrage soit retenu, s’engage alors un travail éditorial complet : réécritures, ajustements structurels et accompagnement sur plusieurs mois.
C’est l’éditeur qui prend le risque financier : il finance la production, assure la distribution en librairies et pilote la promotion. Vous devrez accepter de céder une partie de votre contrôle, notamment sur la distribution et les décisions éditoriales, telles que le choix du titre, de la couverture et du quatrième de couverture.
L’hypothétique publication survient généralement plus d’un an après l’envoi initial. Un contrat, signé avec l’éditeur, stipulera la cession de certains droits en échange d’une rémunération généralement calculée en pourcentage des ventes. C’est ce que l’on nomme les royalties : entre 8% et 12% du prix public. Un « à-valoir » peut être versé à l’auteur, c’est-à-dire une avance sur les ventes futures selon l’éditeur et le profil du livre.
Là encore, n’hésitez pas à vous rapprocher de la Société des Gens de Lettres, qui propose des ressources utiles. Elle peut également conseiller les auteurs pour les aider à bien vérifier leurs contrats (notamment sur la clause de résiliation pour défaut d’exploitation si le livre n’est plus disponible à la vente).
Dans ce modèle, l’auteur finance lui-même la publication via une structure qui propose des services éditoriaux. L’éditeur va assurer : la mise en page, l’impression, le dépôt légal et le référencement du livre dans son catalogue. L’auteur de son côté est autonome et gère le contenu éditorial, la promotion et la diffusion de son ouvrage.
Cependant la réalité de l’édition à compte d’auteur aujourd’hui impose la vigilance. Il est important de ne pas confondre ce fonctionnement avec celui de l’auto-édition.
À compte d’auteur, certaines structures vont vous proposer d’éditer votre récit contre un chèque parfois conséquent. Mais il ne s’agit généralement que de prestataires de services déguisés qui vivent de l’argent de l’auteur et non de la vente des livres. Le système est souvent peu transparent et les prestations réalisées ne garantissent ni qualité éditoriale ni visibilité réelle. Il est illusoire de penser qu’un livre sera visible dès sa publication. Sans stratégie réelle de diffusion, un excellent texte restera malheureusement confidentiel.
C’est pourquoi il existe une autre voie de plus en plus répandue qu’il convient de bien expliciter : l’auto-édition.
Par définition, l’auto-édition est la forme la plus ancienne d’édition, puisque l’auteur prend la décision de supporter lui-même la charge de sa publication. Quels sont les avantages pour l’auteur :
De par cette liberté et ce contrôle total, l’auto-édition est considérée comme la solution privilégiée pour les biographies familiales et les tirages ciblés. Elle est pertinente, car elle respecte la nature du récit et permet ensuite un ouvrage de qualité. C’est d’ailleurs pour cela qu’il est essentiel que le texte soit préalablement parfaitement corrigé et que la mise en page soit réalisée avec précision.
Et dans ce domaine, l’auto-édition numérique a révolutionné le domaine en le rendant accessible au plus grand nombre.
On peut estimer aujourd’hui que sur des dizaines de plateformes actives d’auto-édition, seules cinq à huit dominent le marché. Il faut savoir que toutes ne proposent ni les mêmes prestations ni le même niveau d’autonomie. Avant de faire votre choix, posez-vous plusieurs questions :
Contrairement à une idée répandue, les plateformes d’auto-édition ne réalisent pas un travail éditorial à proprement parler. Elles fournissent avant tout des outils techniques permettant de publier et diffuser un ouvrage. La qualité finale du livre dépend donc largement du travail réalisé en amont.
À travers cet article dense et technique, je souhaitais vous mettre en face d’une réalité que beaucoup ignorent. Vouloir partager son histoire avec le plus grand nombre est louable, mais cela sous-entend d‘entrer dans un monde parfois complexe et long. Le respect des règles juridiques en matière de droits d’auteur et de démarches réglementaires est essentiel. Vous pouvez tenter l’aventure de l’édition et notamment de l’auto-édition, plus adaptée aux biographies, mais vous devez savoir que vous allez devenir un véritable chef de projet. Entre le choix des plateformes, leurs spécificités et les contraintes techniques, le chemin ne sera pas de tout repos. Choisir une plateforme ne suffit pas à publier un livre : cela consiste à piloter un projet éditorial dans son ensemble.
Pour ma part, je n’ai pour l’instant pas fait le choix d’accompagner mes clients sur ce chemin, mais d’autres confrères biographes le proposent. Donc, encore une fois, prenez le temps de bien choisir l’accompagnement qui vous convient.
En attendant, je m’engage de mon côté à vous fournir ce qui reste l’essentiel : un manuscrit « prêt à éditer », c’est-à-dire un texte corrigé et structuré pour que vous puissiez vous engager dans ce parcours d’édition avec les meilleurs atouts possibles.
Cet article est issu de mes recherches, contacts et échanges… mais n’hésitez pas si des éléments vous semblent manquants ou si d’autres sont à rectifier. Et surtout, laissez-moi un commentaire pour me dire ce que vous en pensez.

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