
Est-ce qu’un enfant pourrait dire qu’il veut être biographe quand il sera grand ? Je n’en suis pas certain. Je pense que pour se lancer en tant que biographe, il faut souvent un déclencheur à l’âge adulte. Et si une personne souhaite devenir biographe à un moment de sa vie, elle devra se former pour exercer ce métier délicat puisqu’il touche à l’humain. Un savoir-faire et un savoir-être spécifiques sont indispensables, à la fois pour soi-même mais surtout pour la personne qui nous confiera son récit. Ce métier ne s’improvise pas.
Suite à mon précédent article sur la biographie hospitalière, le questionnement qui est revenu est de savoir pourquoi j’avais voulu devenir biographe mais aussi ce que j’avais appris dans mes formations successives. La vocation du blog de Monsieur Plume étant de répondre aux interrogations de chacun, j’ai décidé d’en faire le sujet de mon nouvel article.
Devenir biographe à plus de 50 ans n’est pas un hasard pour moi. C’est un choix mûrement réfléchi et même une quête de sens. Biographe est d’ailleurs souvent l’aboutissement d’une réflexion après une première vie professionnelle. Ne dit-on pas : « Ta deuxième commence lorsque tu comprends que tu n’en as qu’une » ! C’est totalement vrai pour moi. Après 25 ans à écrire des articles et à gérer des magazines pour l’administration, il m’aura fallu un burn-out pour me poser la question du sens de tout ça. J’aimais écrire depuis toujours et dès le lycée, je voulais être journaliste. Alors oui, j’ai un peu bifurqué en devenant fonctionnaire, mais je suis parvenu néanmoins à faire ce que j’aimais à travers le journalisme territorial : prendre un sujet, le creuser, interroger, synthétiser et rédiger. J’ai pu ainsi acquérir, au fil des années, l’expérience et la pratique de l’écriture professionnelle.
Le psychologue Freudenberger disait que « Le burn-out est une maladie de l’âme en quête de son idéal ». D’autres estiment que c’est un cadeau mal emballé. Il faut être franc, celui qui vous dit ça au début de votre burn-out risque de se faire mettre dehors. Heureusement vous n’en avez pas la force à ce moment là ! Après la phase nécessaire de repos et de reconstruction, vous interrogez souvent votre vie actuelle et ce qui vous a conduit à cette extrémité. De mon côté, en m’appuyant sur un coaching de reconversion professionnelle, mon objectif était de trouver toutes les pistes qui m’éloignaient le plus possible de la communication. Pourtant, tout me ramenait vers l’écriture. Ce n’est qu’après une longue introspection que j’ai compris que c’était bien ma vocation. Mais plus de la manière dont je l’avais exercée jusqu’alors.
Au bout de plusieurs mois, je n’avais toujours pas d’idées pour retrouver le plaisir de l’écriture. Puis un jour, je tombe par hasard sur un documentaire TV sur la chaîne LCP « À la mort, à la vie ». Ce documentaire suit Christelle Cuinet, une biographe hospitalière qui se rend au chevet de patients malades pour écrire le récit de leur vie. Je suis subjugué par la sérénité, l’humanité et l’utilité de cette activité. Je vais alors me renseigner et découvrir l’association « Passeur de mots et d’histoires » de Valeria Milewski. Cette association proposait des formations pour devenir biographe hospitalier mais à condition d’être déjà biographe et d’avoir rédigé deux biographies. Très motivé, je vais alors orienter mes recherches vers le métier de biographe familial que je ne connaissais absolument pas. Et c’est là que démarre mon parcours vers la biographie.
Si différentes formations existent pour se former à la biographie familiale, je vais retenir celle d’Anne-Sylvie Pinel, fondatrice de la Plume Académie. Ce cursus intitulé « Devenir biographe » m’apparaissait comme très complet et adapté. En effet, les sept modules proposés peuvent se suivre à distance et surtout à son rythme en 3, 6 ou 9 mois. Dorénavant, Anne-Sylvie propose également un programme identique « en live ». Grâce à un ensemble de vidéos explicatives, de nombreux supports et des exercices pratiques, tout est pensé pour s’immerger concrètement dans le métier. Sont successivement abordés :
Pour concrétiser mon projet de reconversion, les apports de cette formation ont été majeurs pour moi. Si le suivi se fait en ligne, l’interaction avec la formatrice est constante. Chaque module comprend aussi sa part d’exercices pratiques à lui transmettre.
En vous formant, vous allez devoir réfléchir à clarifier votre offre, à définir vos tarifs, à élaborer votre fonctionnement. Votre entreprise va commencer à prendre forme tout doucement sous vos yeux. Toutes les informations fournies sur les démarches et les étapes administratives à effectuer aident à comprendre que rien n’est insurmontable. Elles sont aussi un gain de temps précieux dans le montage de l’entreprise.
Surtout, vous allez devoir pratiquer de manière progressive. D’abord par la retranscription d’audios puis par la réalisation d’une série de « mini biographies » auprès de vos proches et d’inconnus. Un vrai challenge, croyez-moi ! Mais pour ma part, ces exercices m’ont apporté une base solide de confiance et de maîtrise dans la pratique biographique.
Au sortir de cette formation, que j’ai réalisé de janvier à juillet 2024, j’étais totalement outillé pour lancer mon entreprise en toute légitimité.
Et probablement que quand on est convaincu par ce que l’on fait, les choses arrivent à point nommé. En effet, au moment où j’obtenais ma certification de « Devenir biographe », j’apprenais en juillet 2024 que j’avais été retenu pour intégrer la première promotion universitaire de biographe hospitalier en France.
Pendant ma formation de biographe « généraliste », je continuais à suivre l’actualité de la biographie hospitalière. Ce début d’année 2024 était prolifique, puisque successivement Traces de Vie, Passeur de Mots et d’Histoires et Notes de Vie lançaient leur formation respective de biographe hospitalier. Je choisis alors le Diplôme Universitaire de biographe hospitalier de Passeur de Mots et d’Histoires, organisé avec la faculté de médecine, maïeutique et sciences de la santé de Lille. J’envoie ma candidature qui sera retenue pour l’étape de l’entretien en visio. Celui-ci se déroulait début juillet 2024 avec Valeria Milewski, la fondatrice, la responsable pédagogique du DU et un intervenant de l’Université. L’objectif étant de les convaincre de notre conviction, notre motivation et nos atouts pour pouvoir exercer ce métier spécifique en milieu hospitalier. Après une dernière phase consistant à l’époque à rédiger une lettre détaillant notre projet professionnel et personnel en tant que futur biographe hospitalier, j’ai eu le privilège d’apprendre que je ferai partie des 25 étudiants retenus pour la rentrée d’octobre 2024.
Cette année universitaire 2024/2025 était en fait organisée autour de :
Lors des semaines en présentiel, s’enchaînaient des interventions de grande qualité avec des interlocuteurs de renom comme Régis Aubry, Ségolène Perruchio, Martin Julier-Costes, Eric Fiat, Gaston Pineau, Nicolas Pujol…. Les thématiques abordées allaient de l’histoire des soins palliatifs aux enjeux de la fin de vie, en passant par l’éthique, le sens de la maladie grave, la philosophie du soin, le deuil, la dignité et la vulnérabilité…
En parallèle, les interventions pédagogiques de Valéria Milewski permettaient d’entrer concrètement dans le métier en s’appuyant sur son parcours et sa pratique. Sans oublier les interventions de psychologues, médecins, biographes hospitaliers qui illustraient les apports multiples de la biographie hospitalière.
Et bien entendu, différents ateliers et exercices d’écriture pour pratiquer. Ces exercices poussaient chacun à sortir de sa zone de confort et à affiner sa plume.
Dans l’optique d’effectuer le stage pratique, j’ai sollicité l’unité de soins palliatifs du centre hospitalier de Granville dans mon département. Le Dr Valérie Régnier, à la tête de l’unité, a non seulement accepté que je fasse mon stage à l’USP, mais m’a surtout pris complètement sous son aile. L’objectif du stage était de s’imprégner de la vie de l’unité au quotidien et, dans la mesure du possible, de réaliser un court récit de vie d’un patient volontaire. Nous avons décidé d’étaler mes 35 heures de stage sur 15 jours en mars 2025. Cela m’a permis d’assister aux réunions d’équipe, de suivre la vie de l’unité et les missions de chacun mais aussi de rencontrer différents patients. L’équipe m’a alors mis en relation avec une patiente qui a été d’accord pour démarrer son récit de vie avec moi. Cette expérience aura été pour moi un moment inoubliable dans mon parcours.
Au début du cursus, je pensais venir apprendre un nouveau métier, mais je m’étais trompé. J’ai découvert un état d’esprit de la biographie hospitalière et des soins palliatifs auquel je ne m’attendais pas. Cette formation nous immerge progressivement dans la réalité des soins palliatifs et de la maladie. Elle façonne notre posture de biographe hospitalier. Nous apprenons nous seulement à écouter mais surtout à entendre le patient. Notre rôle n’est plus seulement de retranscrire, mais surtout de « tenir parole et rendre parole ».
L’immersion sur le terrain est également capitale pour se confronter à la réalité du métier. Pour ma part, à travers le travail de l’équipe, le rapport aux patients et aux familles, le rôle de chacun dans une solidarité remarquable, j’y ai découvert le véritable sens du mot humanité. Quant à mon expérience d’écriture, elle a été pour moi une révélation. Je me suis juste senti totalement à ma place, convaincu de ce que je faisais. J’avais enfin trouvé un sens à mon écriture au service des autres.
Difficile de synthétiser en un seul article ce parcours de formation. Dans la continuité de ma première vie professionnelle, il apparait finalement comme relativement logique. Il répond à une quête de sens par l’écriture qui a trouvé son aboutissement. Au delà, je pense qu’il démontre également qu’on ne s’improvise pas biographe et encore moins biographe hospitalier. La formation est aussi un processus d’apprentissage et de transformation personnelle. Si elle donne les connaissances nécessaires à la pratique, elle permet aussi de savoir pourquoi et pour qui nous le faisons. La biographie est une activité profondément humaniste, ce qui sous entend aussi une éthique professionnelle spécifique. Être formé c’est acquérir ce socle sur lequel pourront s’appuyer les personnes prêtes à mettre leur récit dans la plume du biographe.
Je suis Monsieur Plume, la plume qui vous accompagne sur ce chemin pour guider les lignes de votre récit. Que ce soit en biographie familiale, en biographie d’entreprise ou en biographie hospitalière, découvrez mes prestations et contactez-moi pour que nous écrivions ensemble cette nouvelle page dans votre vie.
discutons ensemble





Qu’est-ce qu’il reste d’une vie au plus proche de sa fin ?
Ne serait-ce que quelques lignes, certainement l’essentiel🙏…
Merci infiniment Monsieur Plume de remettre au goût du jour nos plus vieilles coutumes et d’honorer si justement nos anciens, bravo et bon vent🌬️🌪️🪶